"Tu crois qu'elle va mal le prendre ?", me demandent Antoine et Kevin, à leur arrivée. Ils craignent de décevoir Erika : ils emménagent à Paris en février, et cette belle aventure des Fêlés prendra donc fin une fois toutes les représentations de L'Ile des esclaves achevées. Les garçons se demandent comment ils vont annoncer la nouvelle. "Va y avoir de l'ambiance !". Je leur dis que je ne sais pas non plus si je continuerai bien longtemps, que peut-être je finirai par en avoir assez de rentrer tous les week-ends de Lille. "Lui dis pas ça aujourd'hui, tu vas la tuer", plaisante Kevin.
Erika arrive, on s'installe. "J'ai acheté une galette et du mousseux les jeunes !".
"Bon, qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ?". Réponse d'Erika : "Je voulais qu'on parle un peu de l'avenir de notre petit troupe !". Moi qui essayais d'avaler une gorgée de thé, je manque de m'étrangler de rire. Je me mets à tousser et sors exploser de rire plus loin.
Bon, voilà, Erika sait. Elle est un peu déçue, évidemment. Moi aussi, bien sûr. C'est tellement agréable de travailler tous les cinq. Mais d'un autre côté, je suis super contente pour mes p'tits loulous ! J'les aime, ces deux-là, un truc de fou :) Ah, mes quatre petits Fêlés ! Que-du-bon-heur, avec eux !
Bon allez, stop les sensibleries, ça sera pour plus tard ^^
Ainsi donc, on mange, on boit, on papote. Antoine a la fève. Je deviens sa reine. Kevin triture quelques instants le fil de fer de la bouteille de mousseux, puis : "Tiens Elodie, je t'offre un dindon !". Du grand art, je vous assure !
Puis, voilà, c'est l'heure. On s'apprête à sortir du CAL --- et là, c'est le drame qui commence. On s'apprête donc à sortir du CAL, en se mettant à chanter "Salade de fruits, jolie, jolie, jolie ; tu plais à mon père, tu plais à ma mère...". Puis Antoine et moi enchaînons sur "Moi je viens d'Afrique et tu viens d'ailleurs (...) On s'en fout ! Laissons parler les gens !" (au passage, non, nous n'avons pas honte !). Nous chantons à tue-tête en dansant comme des fous. On chante ensuite "Samba de Janeiro", Antoine escalade le muret pour y danser. Il voit Erika et Kevin avancer vers la voiture d'Erika et me crie, partant comme une flèche : "Allez viens on monte dans ma voiture !".
On entre, on ferme les verrous. Il s'amuse à empêcher Erika de reculer. Elle parvient à manoeuvrer, il change alors de tactique et part en trombe jusqu'à la grille pour empêcher sa sortie. Et là... Erika lui fonce dedans. Antoine sort pour voir si sa voiture n'a rien : "Elle a pété son phare !". Il agite un morceau du pauvre phare explosé. On sort tous aussi, pour constater les dégâts, sans savoir si l'on doit rire ou pas. Kevin annonce : "Evidemment c'était une idée de moi !". Erika se marre.
Rahhh, cette Erika ! Toujours de bonne humeur, c'est formidablement agréable :)
Pour finir, Antoine suggère à Kevin de grimper sur le toit de sa voiture... Il démarre et donne un à-coup. Mais mon beau-père arrive. Ils n'auront ainsi parcouru que quelques centimètres... ^^
Bisous par ci, bisous par là. On rentre chez soi, ou on file à un rendez-vous.
Le sourire aux lèvres.
Ca fait toujours tellement de bien, de les voir. Qu'on travaille ou pas.

