J'y ai songé fort, très fort. Si fort que j'en avais peur. Si fort que tout a vacillé.
J'ai songé à le quitter, ce chez-moi doux, tendre, chaud, accueillant.
J'ai songé à quitter le creux de ses bras.
A cause de ma trop grande exigence et de cette fâcheuse tendance à être tellement dirigiste.
A cause de mes envies de printemps, de renouveau, de romance, de passion des débuts.
Sans doute un peu aussi à cause de lui.
De ses affirmations catégoriques qui m'ont blessée. De ses réactions tellement imparfaites, quand elles ne sont pas inexistantes. De ce qu'il est et que je ne suis pas, de ce que je suis et qu'il n'est pas.
De nos trop grandes différences qui ne sont finalement pas que des richesses, car elles nous demandent un tel nombre d'efforts à chacun que cela en devient souvent pesant.
Il y a quelque temps, j'avais peur que cela ne recommence comme l'an passé. J'avais peur que ses doutes resurgissent, et finalement c'est moi qui l'ai remplacé.
Mais lorsque j'ai vu sa patience... ses efforts... J'ai su.
J'ai su que ce n'était pas pour maintenant. Peut-être dans un mois, deux mois, trois mois, la crise me reviendra-t-elle.
On verra à ce moment-là.
Je me disais que je n'avais pas envie de perdre mon temps.
Je me disais que je me cantonnais dans une habitude mais que je n'étais pas réellement heureuse, que j'avais besoin de davantage.
Et puis, j'avais envie de changement. De nouveauté. De séduction. De premières fois.
J'avais sans doute raison de vouloir partir. J'avais sans doute raison de vouloir fuir un quotidien que je n'avais pas réellement choisi, pour trouver une place qui me conviendrait mieux. De vouloir trouver chaussure plus à mon pied, finalement.
J'avais sans doute raison.
Mais je suis toujours là.
A me contenter de ce modeste chez-moi.
Modeste, peut-être. Mais c'est mon chez-moi. Je ne sais pas ce qui m'y retient. Mais cela m'y retient avec une force monumentale.
Je ne suis pas assez forte pour fuir.
Et tant mieux.
Je m'y blottis avec plaisir.