Vendredi 22 mai 2009 à 23:32

J'ai songé à quitter mon chez-moi.
J'y ai songé fort, très fort. Si fort que j'en avais peur. Si fort que tout a vacillé.

J'ai songé à le quitter, ce chez-moi doux, tendre, chaud, accueillant.
J'ai songé à quitter le creux de ses bras.

A cause de ma trop grande exigence et de cette fâcheuse tendance à être tellement dirigiste.
A cause de mes envies de printemps, de renouveau, de romance, de passion des débuts.

Sans doute un peu aussi à cause de lui.
De ses affirmations catégoriques qui m'ont blessée. De ses réactions tellement imparfaites, quand elles ne sont pas inexistantes. De ce qu'il est et que je ne suis pas, de ce que je suis et qu'il n'est pas.
De nos trop grandes différences qui ne sont finalement pas que des richesses, car elles nous demandent un tel nombre d'efforts à chacun que cela en devient souvent pesant.


Il y a quelque temps, j'avais peur que cela ne recommence comme l'an passé. J'avais peur que ses doutes resurgissent, et finalement c'est moi qui l'ai remplacé.
Mais lorsque j'ai vu sa patience... ses efforts... J'ai su.
J'ai su que ce n'était pas pour maintenant. Peut-être dans un mois, deux mois, trois mois, la crise me reviendra-t-elle.
On verra à ce moment-là.

Je me disais que je n'avais pas envie de perdre mon temps.
Je me disais que je me cantonnais dans une habitude mais que je n'étais pas réellement heureuse, que j'avais besoin de davantage.

Et puis, j'avais envie de changement. De nouveauté. De séduction. De premières fois.


J'avais sans doute raison de vouloir partir. J'avais sans doute raison de vouloir fuir un quotidien que je n'avais pas réellement choisi, pour trouver une place qui me conviendrait mieux. De vouloir trouver chaussure plus à mon pied, finalement.
J'avais sans doute raison.
Mais je suis toujours là.
A me contenter de ce modeste chez-moi.

Modeste, peut-être. Mais c'est mon chez-moi. Je ne sais pas ce qui m'y retient. Mais cela m'y retient avec une force monumentale.
Je ne suis pas assez forte pour fuir.

Et tant mieux.
Je m'y blottis avec plaisir.

Publié par lolilounette

Samedi 14 mars 2009 à 23:30

Oui, je suis pénible avec lui. Oui, je le critique. Oui, je l'assomme de remarques.

Parce que non, je n'aime pas tout en lui.

Je ne suis pas comme toi.

Mais j'ai le même regard que toi, cet air admiratif lorsque parfois je le regarde, cet air aimant, cet air comblé. J'ai le même regard que toi, ce regard qui dit « bon sang, qu'est-ce que je l'aime, qu'est-ce que je ferais sans lui », et qui dit tellement d'autres choses encore. Ce regard qui dit la fierté, ce regard qui dit le désir, le bien-être, l'admiration, la passion.
J'ai le même regard que toi, mais je ne suis pas comme toi.

Oui, je suis pénible avec lui. Oui, je le critique. Oui, je l'assomme de remarques.

Parce que non, je n'aime pas tout en lui.

Je ne suis pas comme toi parce que moi, quand je le regarde amoureusement, c'est avec la connaissance de ses défauts. La conscience pleine et entière de ce qu'il est.
Et quand je le regarde en me disant qu'on a de la chance de s'aimer lui et moi, je sais que le fait que l'on sache vivre avec les défauts de l'autre, même si parfois ils nous agacent, cela, c'est notre grande force.

On se connaît, oh pas par coeur, non, parce que je veux croire que cela n'existe pas et que l'on aura encore et toujours des états d'esprit, des préférences, des souffrances, des pensées, des manies, des plaisirs, des espoirs à se découvrir. Mais on se connaît tout de même assez pour pouvoir dire qu'on s'aime sincèrement, réellement, sans les illusions des commencements.

Alors, quand je le regarde de cette façon-là, de toute ma tendresse, le coeur au bord des yeux, je me dis que si je continue à l'aimer malgré les ombres noires sur le tableau, ça n'est pas sans signification. C'est que je l'aime assez pour avoir pu apprendre redonner une touche de couleur à ces ombres, c'est que je l'aime assez pour savoir avancer non plus malgré, mais avec elles.

Voilà.
C'est pour cela qu'à présent, lorsque tu me vois être pénible avec lui, le critiquer, l'assommer de remarques, tandis que toi, tu ne fais rien de tout cela et que tu t'en félicites, je n'y prête plus attention. Parce qu'il est probable que mon regard tâché de noir ici et là se pose plus longtemps sur lui que le tien, lisse, propre, parfait.

Publié par lolilounette

Samedi 20 décembre 2008 à 21:43

Il y a tes yeux...
Il y a tes yeux.
Dans les miens...
Dans les miens.
Il y a tes lèvres, posées... sur les miennes. Posées.

Il y a ses yeux dans les miens...
Et c'est tout ce qu'il me faut pour me sentir bien.
On est si bien tous les deux...

Il y a la foule à traverser, tous ces hommes saoûls aux étranges idées.
Il y a des regards vides à pleurer.
Est-ce qu'on arrive trop tard ? Est ce qu'on saura jamais ?

Ils ne comprennent pas... Mais moi non plus.
Simplement, je ne cherche plus à comprendre.
Tout nous sépare, je sens nos différences au moins mille fois plus fort qu'avant. J'entends leurs « mais » au moins mille fois plus fort qu'avant.
Mais cela ne change rien.
Ils ne comprennent pas.
S'ils savaient...

S'ils savaient...
S'ils savaient comme il suffit de rien pour avancer le long du chemin.
S'ils savaient combien de temps l'on vit quand on a toujours vingt ans.
S'ils savaient compter sur leurs dix doigts jusqu'à mille et mille fois...
Autant que je compte sur toi, autant que tu comptes pour moi.

S'ils savaient expliquer ce qui ne s'explique pas.
Pourquoi lui et moi, c'est comme ça.
Comme une évidence.
Une évidence, ça ne s'explique pas. C'est comme ça, on vit avec, on n'y peut rien. C'est plus fort que toutes les démonstrations, que toutes les réflexions, que toute la logique du monde.
C'est lui et moi.
C'est comme ça.

Il y a tes yeux...
Il y a tes yeux.

Dans les miens...
Dans les miens.
Il y a ce rêve, exaucé... Sur tes lèvres... Le temps s'est arrêté.

La colère gronde de tous côtés.
C'est comme si chaque seconde nous était comptée.
Evitons les regards le temps d'un baiser, dans les bras du hasard, on verra bien après.

On verra bien après...
Parce que l'on sait que notre vie ne se fera pas à deux.
Parce que l'on sait aussi que pour l'instant, l'un sans l'autre, c'est inimaginable.
Inimaginable.

On sait que notre vie ne se fera pas à deux, et je me demande donc parfois si c'est de l'amour.
Mais si ça n'est pas de l'amour, qu'est-ce que c'est ?
Qu'est-ce que c'est, alors, hein ?
Puisque rien que de m'imaginer sans lui, la peur me gagne.
Puisque rien qu'à cette pensée, les larmes se mettent à couler.
Je me revois en août, vacillante, au milieu de mon monde qui s'était écroulé. Et je sais que c'est revenu. Lui et moi. C'est revenu.

S'ils savaient...
S'ils savaient comme il suffit de rien pour avancer le long du chemin.

S'ils savaient combien de temps l'on vit quand on a toujours vingt ans.
S'ils savaient compter sur leurs dix doigts jusqu'à mille et mille fois...
Autant que je compte sur toi, autant que tu comptes pour moi.


C'est différent, mais tout est intact. J'ai reconstitué le puzzle, et même si je continuerai à avoir peur, cela ne m'empêchera plus d'avancer.
Chaque minute loin de lui est une minute gâchée.

Mon coeur est guéri.
Il est à nouveau tout à lui.
Et je ne peux même pas aller me jeter dans ses bras pour le lui dire.


 

[S'ils savaient, Debout sur le Zinc
Parce que cette chanson est merveilleuse !]

Publié par lolilounette

Vendredi 7 novembre 2008 à 19:44

(Article daté du 26 octobre)



Si je m'attendais à ça...!


Jamais je n'aurais cru...


Et je me suis retrouvée désemparée, comme beaucoup trop souvent, sans savoir quoi dire ou comment le formuler. Sans savoir quoi faire ou comment réagir. Sans savoir quelle attitude adopter.


« Ne culpabilise pas »... Non. Je ne culpabilise pas. MAIS. Mais ça me fait mal quand même. Évidemment. Comment pourrait-il en être autrement ?


Jamais je n'aurais cru, et ça m'a tellement déstabilisée.


J'étais déterminée. Et je le suis toujours, voilà pourquoi c'est d'autant plus rageant. Parce que j'aurais voulu, parce que j'aurais voulu mais que je ne sais pas ce qui fait que c'est comme ça. On ne choisit pas. Tu as raison, c'est si frustrant...

 

Ce n'est pas parce que les mots ne sortent pas qu'ils ne sont pas là... Tu fais partie de ces rares personnes que je voudrais prendre dans mes bras et protéger de tout, de ces rares personnes qui me touchent si profondément. Voilà pourquoi moi non plus je ne veux pas te perdre...

Publié par lolilounette

Samedi 27 septembre 2008 à 22:26



Par habitude la solitude me conduit vers ma mémoire, je m'enfuis... Immergée dans l'ivresse, le murmure d'être ailleurs, je m'abîme dans l'écume d'une langue sauvage...

Tout ça, c'est sans doute parce que c'est un peu exotique. Sans aller jusqu'aux palmiers, aux fruits en abondance et au sable chaud. Mais presque.

Ecoute le sage qui avec chaque soleil renouvelle sa vision, c'est par son oeil que j'ai cherché à percer le béton pour traverser la solitude funambule qui dans la grande ville hurle.

C'est sans doute parce qu'il y a un petit goût d'interdit. C'en est d'autant plus attrayant. Comme lorsque l'on est enfant, que l'on fait une bêtise, et que l'on craint d'être découvert. Parce que cela pourrait avoir des conséquences. Des conséquences qu'au fond, on ne connaît pas réellement. Des conséquences qu'au fond, on aimerait bien découvrir. La curiosité se mêle au risque. L'amplifie. C'est grisant.

Trop longtemps, au hasard du vent, j'ai jeté l'espoir, peut-être en pensant qu'il me tracerait une ligne tout droit, tout droit vers le point d'horizon, mais non...

Tout ça, c'est sans doute parce que c'est un peu exotique. Sans aller jusqu'aux palmiers, aux fruits en abondance et au sable chaud. Mais presque. On s'invente des odeurs, des saveurs, des couleurs d'ailleurs. C'est plein d'une sensualité qui ne relève que de l'imagination. C'est un rêve éveillé auquel on prend part avec délice, et qu'on n'a pas envie de quitter.

Dans ma tête j'ai choisi de m'éclipser, égarée dans mes images suspendues, si je m'y attarde je vais me brûler...

Publié par lolilounette

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